Montréal, CPR Angus Shops

L’un de ces lieux privilégiés où l’on peut sentir les accords harmoniques entre le souffle froid qui pénètre jusqu’à la moelle des os et celui qui résonne dans l’ossature des édifices. 

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  1. LE ANGUS FLOWER SHOP, DÉCEMBRE 1941

    À journée longue et toute la nuit,
    En chiennes noires, les ongle gris,
    La peau grasse, on s’use les os.
    I fait frette mais on a bien chaud,
    Alors enfin on se plaint pas trop,
    Arthur, Poléon, les deux Tremblay,
    Roland, Maurice, Ti-Coune, pis moi.
    Au cœur de la ville dans la ville,
    On est à peu près douze mille
    Qui assemblons des bouquets.

    Nos gerbes ont de drôles de noms:
    Mk III, Mk VI, VII. Roses de Rosemont,
    On les arrose à la sueur de nos fronts,
    À la chaine dans l’enfer des fourneaux.
    Fleurs étincelles de coup de marteau.
    Fleurs jaunes bleutées du chalumeau.
    Feuilles et pétales d’acier laminé,
    Abritant des chenilles motorisées.
    Rivets chauffés à blanc, boutons.
    Et l’énorme tige de la fleur canon.

    Au cœur de la ville dans la ville,
    On est à peu près douze mille
    Qui fabriquons des Valentins
    À journée longue et toute la nuit,
    Pour Boris, Ivan, le petit Vitaly
    Les deux Popov, Mishka aussi.
    Devant nos fourneaux, sidérés,
    On s’efforce de pas trop penser
    À toutes les fleurs rouges étalées
    Sur la neige de leur enfer éloigné.

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